Le Contrat Avenir
Contrat d'avenir
Définition
- Le contrat d'avenir est destiné à faciliter l'insertion
sociale et professionnelle des personnes bénéficiaires
du revenu minimum d'insertion (RMI), de l'allocation de parent
isolé (API) ou de l'allocation de solidarité spécifique
(ASS) qui rencontrent des difficultés particulières
d'accès à l'emploi.
- Il porte sur des emplois visant à satisfaire des besoins
collectifs non satisfaits.
Bénéficiaires
- Bénéficiaires du contrat d’avenir
- Ce contrat est réservé aux bénéficiaires
du RMI, de l'ASS ou de l'API depuis au moins 6 mois au cours des
12 derniers mois.
- Les périodes au cours desquelles les droits à
ces allocations se sont succédé au cours des 12
derniers mois sont cumulables pour atteindre les 6 mois nécessaires.
- Lorsqu'elles ne remplissent pas la condition d'ancienneté
de 6 mois de droits à l'une de ces allocations, les personnes
qui bénéficient d'un aménagement de peine
et celles précédemment détenues, prévenues
ou condamnées, peuvent bénéficier d'un contrat
d'avenir.
- Lorsque la personne a droit simultanément à plusieurs
allocations, le contrat est signé avec l'intéressé
en fonction de l'allocation dont le montant versé le mois
civil précédent est le plus important.
Employeurs concernés
Sont concernés les employeurs du secteur non marchand.
Il s'agit notamment :
- des collectivités territoriales,
- des personnes morales de droit public (établissements
publics nationaux administratifs ou industriels et commerciaux,
établissements publics locaux administratifs ou industriels
et commerciaux, groupements d'intérêt public...),
- des personnes morales de droit privé chargées
de la gestion d'un service public (sociétés HLM,
ordres professionnels, sociétés d'économie
mixte chargées d'une mission de service public...),
- des autres organismes de droit privé à but non
lucratif (associations, comités d'entreprise, syndicats
professionnels...),
- des ateliers et chantiers d'insertion.
Conclusion préalable d’une convention
La conclusion du contrat d'avenir nécessite la signature
préalable d'une convention entre 4 parties :
- le salarié,
- l'employeur,
- le président du conseil général ou le maire
(ou, le cas échéant, le président de l'établissement
public de coopération intercommunale),
- le représentant de l'Etat.
La convention est conclue pour une durée de 2 ans, renouvelable
pour 12 mois. La situation du salarié est réexaminée
tous les 6 mois.
Objectifs de la convention
Cette convention définit le projet professionnel proposé
au bénéficiaire du contrat d'avenir.
Elle fixe :
- les conditions d'accompagnement dans l'emploi du salarié,
- les actions de formation ou de validation des acquis de l'expérience
qui doivent être mises en oeuvre à son profit.
Autres aspects
- Un référent (une personne physique ou, à
défaut, un organisme chargé du placement ou de l'insertion)
désigné par le président du conseil général
ou le maire ou, le cas échéant, le président
de l'établissement public de coopération intercommunale,
est chargé, dès la conclusion de la convention de
contrat d'avenir, d'assurer le suivi du parcours d'insertion professionnelle
du salarié.
- En cas de rupture du contrat d'avenir avant le terme initialement
fixé, la convention est résiliée de plein
droit.
Contrat de travail
Nature du contrat d'avenir
- Le contrat d'avenir est un contrat de travail de droit privé
à durée déterminée.
- La durée initiale du contrat est de 2 ans. Il peut être
renouvelé dans la limite de 12 mois. Pour les bénéficiaires
âgés de plus de 50 ans, la limite de renouvellement
peut être de 36 mois.
- La période d'essai est d'1 mois, sauf si une clause de
la convention prévoit une durée inférieure.
- La durée de travail hebdomadaire est fixée à
26 heures. Elle peut varier, dans la limite d'un tiers de sa durée,
sur tout ou partie de l'année, à condition de ne
pas dépasser les 35 heures hebdomadaires et de respecter
la moyenne de 26 heures hebdomadaires sur toute la période
du contrat.
- Le salarié doit suivre des actions de formation et d'accompagnement,
qui peuvent être menées pendant et en dehors du temps
de travail.
- Lorsqu'il est signé par le président du conseil
général, le contrat d'avenir peut tenir lieu de
contrat d'insertion.
Suspension et rupture du contrat
- Le salarié peut suspendre son contrat en vue d'effectuer
une période d'essai susceptible de conduire à une
embauche pour une durée indéterminée ou pour
une durée déterminée au moins égale
à 6 mois. En cas d'embauche à l’issue de cette
période d'essai, le contrat est rompu sans préavis.
- Le salarié peut rompre le contrat d'avenir lorsqu'il
justifie :
- d'une embauche pour une durée indéterminée,
- d'une embauche pour une durée déterminée
au moins égale à 6 mois,
- du suivi d'une formation qualifiante.
- Lorsque le contrat est interrompu pour toute autre raison qu'une
embauche ou qu'il n'est pas renouvelé et que le salarié
n'exerce pas d'activité professionnelle rémunérée,
le versement de l'allocation dont il bénéficiait
avant la conclusion de son contrat est maintenue ou rétablie.
- Sauf dérogation, en cas de suspension du contrat à
cause d'incapacité médicalement constatée,
d'accident du travail et de maladie professionnelle, de congé
légal de maternité, de paternité ou d'adoption,
le versement des aides est interrompu pendant cette période
et les sommes indûment perçues sont reversées.
- Une attestation de compétences est délivrée
par l'employeur et est prise en compte au titre de l'expérience
requise pour la validation des acquis de l'expérience.
Rémunération
- Le salarié perçoit un revenu dont le montant doit
être au moins égal au SMIC horaire (soit 8,03 EUR
au 01 juillet 2005) multiplié par le nombre d'heures travaillées.
Ce revenu est composé :
- d'une aide forfaitaire du débiteur de l'allocation versée
à l'employeur, fixée au montant mensuel du RMI pour
une personne isolée, soit 425,40 EUR au 01 janvier 2005,
- d'une aide dégressive de l'Etat calculée en pourcentage
de la différence entre le SMIC et le montant de l'aide
forfaitaire avec la durée du contrat (elle n'est pas dégressive
pour les ateliers et chantiers d'insertion). Ce pourcentage est
de 75% la première année, de 50% la deuxième
et de 25% la troisième. Le montant de cette aide ne peut
dépasser le niveau de la rémunération versée
au salarié.
- Une aide forfaitaire de l'Etat de 1500 EUR est versée
à l'employeur en cas d'embauche du salarié sous
contrat à durée indéterminée avant
la fin du contrat d'avenir, et à la condition que le salarié
ait déjà effectué 6 mois de présence
effective chez l'employeur.
Contrat d'avenir et ASS
- Articulation entre le contrat d'avenir et l'ASS
- Pendant la durée du contrat d'avenir, le salarié
bénéficiaire de l'ASS continue à recevoir
son versement mais elle est minorée de l'aide de 425,40
EUR versée par le débiteur de l'allocation. Cependant,
l'intégralité de l'allocation est versée
à son bénéficiaire lorsque son contrat est
suspendu le temps d'effectuer une période d'essai visant
une embauche en CDI ou en CDD d'au moins 6 mois.
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